Orphelin très jeune, Félicien David est formé à la maîtrise de la cathédrale d’Aix-en-Provence avant d’entrer au Conservatoire de Paris dans les classes de Millault, Fétis et Benoist. Il suit également l’enseignement de Reber. Sa rencontre avec le peintre Pol Justus en 1831 l’engage à quitter le Conservatoire (sans avoir obtenu le moindre prix) et à rejoindre la communauté saint-simonienne dont il devient le compositeur officiel. Il écrit ainsi plusieurs chœurs destinés aux cérémonies. Lorsque le gouvernement disperse la communauté en 1832, David et ses amis quittent la France pour Constantinople, Smyrne, Jaffa et Jérusalem. Le voyage s’achève en Égypte. De ce périple, David gardera un goût prononcé pour la musique proche-orientale : il publiera notamment 22 pièces pour piano intitulées Mélodies orientales lors de son retour à Paris. Sans réussir à s’intégrer au milieu musical de la capitale, David compose pourtant 24 brefs quintettes à cordes, 4 symphonies et 2 nonettes pour cuivres. La consécration n’arrivera que le 8 décembre 1844 après la première exécution du Désert, au Théâtre-Italien. Cette « ode symphonie » descriptive suscite un enthousiasme pour la musique orientalisante dont les échos – européens – marqueront tous les compositeurs de la seconde moitié du XIXe siècle. C’est à partir de 1851 que commence la carrière théâtrale de David, qui écrit en moins de quinze ans La Perle du Brésil (1851), Herculanum (1859), Lalla-Roukh (1862), Le Saphir (1865) et La Captive (1864, création posthume en 1883). C’est à cette époque qu’il compose 4 quatuors à cordes, 3 trios avec piano et qu’il succède à Berlioz comme bibliothécaire du Conservatoire et membre de l’Institut.
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